Vers le début du 16ème siècle, les premières écoles (RYU) apparaissent, chacun de ces RYU, a une méthode et une technique propre à elle même. La réalité du combat reste quotidienne, il s'agit d'art de survie du guerrier. Chaque RYU retransmettait ses techniques oralement de maître à disciple.

Création des arts martiaux traditionnels : les BU-DO (voie du guerrier)

Peu à peu les combats et batailles se raréfient, les écoles ouvrent en plus grand nombres : au milieu du 19ème siècle on dénombre plus de 150 écoles réparties en familles, dont le JU-JUTSU , terme utilisé abusivement en occident pour désigner l'ensemble de ces arts du combat.

Ces écoles, en se multipliant, évoluèrent : Les JUTSU, orientés vers la technique, passèrent au DO, la voie, le style de vie, la recherche se poursuivant toute une vie. L'école devient le DOJO, Lieu où l'on étudie la voie, maison du maître. Celui-ci enseigne tout ou partie de son art à des élèves choisis selon des critères qui lui son propre (la plupart du temps il faut être parrainé). Lorsqu'il a enseigné tout son savoir à un élève, il lui remet le " menkyo-kaiten " lui autorisant ainsi de représenter son école, d'ouvrir un dojo : s'il s'engage dans une voie différente, il lui appartient de changer le nom de la discipline qu'il pratique alors, et qui ne peut plus être assimilée à celle de son maître.

C'est ce système traditionnel qu a permis l'amélioration des differentes disciplines martiales : Me Ueshiba créa l'aïkido notamment à partir de ses connaissances en Daïto-Ryu, que lui avait transmises Me Takeda.

Les arts martiaux sportifs

Ils dérivent des précédents ; mais il ne s'agit plus, en aucune façon, d'arts martiaux, mais de sports. Les techniques s'appauvrissent (beaucoup ne sont plus utilisées, parce que dangereuses en compétition), la préparation physique et musculaire devient la principale occupation du compétiteur (avec toutes les dérives actuelles). L'objectif est de gagner titres, médailles et coupes…

Un des exemples les plus médiatisés aujourd'hui est le judo : où sont la souplesse (JU) et la voie (DO) ? Les dojos sont devenus des clubs affiliés à une fédération nationale, structure qui impose un système codé, normé et défini. Cette idée répond certainement à la nature compétitive de ces activités (notamment règles de compétition communes et acceptées par tous), mais ne peut qu'appauvrir, et à terme faire disparaître un art.

La mise en place d'une codification pour mesurer la performance conduit nombre de pratiquant à "bachoter", préparer leurs passages de grade en permanence, à préparer leur condition physique (martialement ridicule : une technique suffit, réussie on est vivant, ratée on est mort !) et à rechercher tout ce qui flattera leur ego (à l'inverse de l'éthique martiale). Où est l'évaluation du DO ? peut on évaluer " la connaissance de soi " d'une personne ? Seule la partie quantitative, le gestuel devenu vide de sens sera évalué. La technique est pour l'aïkidoka, un outil, comme le bol sert à manger la soupe : l'examen minutieux et la mesure du bol indiquent-ils la qualité de la soupe et son goût ?

L'aïkido est un art, et comme tel, il est approprié par le maître qui pratique et enseigne son aïkido. La voie est comme le fil du sabre : un pas de côté, et on n'est plus dans la voie. Aucun compromis n'est possible, il est nécessaire que chacun poursuive sa recherche jusqu'au bout de ses possibilité.

Le maître enseigne son art à des apprentis mis à l'épreuve (uchi deshi), selon des principes personnels dont il est seul responsable. Il évalue leur travail, la délivrance de grades relève de sa responsabilité, reconnu apte par son maître (qui d'autre pourrait le faire ?) l'uchi deshi peut enseigner la discipline (au japon cette étape est marqué par la remise du "menkyo kaiten") en y apportant sa touche personnelle. Sa qualité, la qualité de ses élèves, sont les seuls témoins de sa compétence.