• L’Aïkibudo

C’est le nom donné à la forme qu’enseignait le Fondateur au début du développement de son art. Il est techniquement très proche des techniques traditionnelles de Jujutsu, en particulier du Daito ryu Aïki Jujutsu de Me TAKEDA Sokaku (1859-1943). Ce style est considéré comme l’une des formes les plus dures d’Aïkido. Les représentants de ce style sont pour la plupart des anciens élèves du Fondateur avant la guerre.

  • Le Yoseikan

Ce style a été développé par MOCHIZUKI Minoru (1907-2003), qui a été l’un des premiers élèves de Maître Ueshiba, ainsi que de Maître KANO Jigoro (1860-1938), fondateur du Judo. C’est en fait une synthèse de plusieurs arts martiaux japonais, comme le Judo, le Karaté, le Jujutsu, en plus de l’Aïkido. Les différences principales avec l’Aïkido sont l’ajout de techniques de pieds (ashi), de sacrifices (sutemi), de techniques au sol (ne wasa) et de katas dans la méthode d’enseignement. Les déplacements sont également différents.

  • Le Yoshinkan

C’est le style créé en 1954 par GOZO Shioda (1915-), qui a étudié avec Ueshiba pendant les années 30. Après la guerre, il commença à donner des cours et fonda l’organisation Yoshinkan. Yo signifie "développer", Shin veut dire "esprit" et Kan désigne le lieu de pratique. Il est à noter que contrairement à la plupart des styles différents de celui de l’Aïkikai, le Yoshinkan est resté en très bons termes avec ce dernier. Le Yoshinkan est un style réputé assez dur, avec des techniques plutôt robustes et puissantes. Il met l’accent sur l’efficacité en situation de combat réel. Ce style a par ailleurs été adopté par la police japonaise.

  • L’Aïkikai

C’est le style le plus répandu. Il correspond en fait à un "développement" du style du Fondateur par son fils UESHIBA Kisshomaru (1921-1999). Celui-ci, motivé par sa mission de promoteur de l’Aïkido à travers le Monde, a modifié et simplifié le style enseigné par son père afin de le rendre plus accessible à la masse. Il a été adopté aujourd’hui par la Fédération Internationale de l’Aïkido. En fait, ce "style" en cache d’autres, complètement différents.

  • L’Iwama Ryu

C’est le style représenté par Maître SAITO Morihiro (1928-). Il est basé à Iwama, et fait partie de l’Aïkikai, même s’il est très différent du style enseigné à l’Aïkikai.

Maître Saito a été l’élève qui a étudié le plus longtemps auprès du Fondateur. Aujourd’hui, il fait de son mieux pour préserver la technique originelle du Maître Ueshiba. Le répertoire technique est donc plus large (surtout au niveau des armes) que dans la plupart des autres styles. En effet, la pratique des armes n’a été que très sommairement transmise par le Fondateur à l’Aïkikai. Or, Me Saito pense que le travail des armes est un facteur essentiel à la compréhension profonde des techniques à mains nues. Notons que ce style n’est pas très bien accepté par l’Aïkikai, car il semble être le plus proche de l’enseignement du Fondateur, et donc le plus véridique.

  • Le Shin-shin Toitsu Aïkido

C’est le style qu’a fondé Maître TOHEI Koichi (1920-), qui s’est détaché de l’Aïkikai en 1974. Shin-shin Toitsu signifie "unification du corps et de l’esprit".

Maître Tohei pense qu’il est important de comprendre le concept et l’utilisation du Ki dans la vie quotidienne. Il donne donc une importance toute particulière à l’aspect du contrôle de l’énergie dans son école, qui comprend de nombreux exercices visant au développement du Ki. C’est l’un des styles les plus doux de l’Aïkido, dans lequel on peut même trouver des petits bonds exécutés par le pratiquant. Il faut préciser que cette école attache une faible importance aux applications martiales, car elle considère les techniques uniquement comme un moyen de développer le Ki. On peut dire aujourd’hui que ce style s’éloigne de plus en plus de l’Aïkido traditionnel, de par ses motivations de plus en plus axées sur le Ki et la santé. Cette école, la "Ki Society", est particulièrement implantée aux USA.

  • Le Tomiki Ryu

Ce style est celui de Maître TOMIKI Kenji (1900-1979), qui a été élève à la fois de Maître Ueshiba et de Maître Kano.

Tomiki voulait "rationaliser" l’enseignement de l’Aïkido, tout comme le faisait Maître Kano pour instaurer le Judo dans l’enseignement scolaire. Il a notamment voulu introduire l’idée de compétition, afin de ne pas dénaturer les techniques d’Aïkido et les tester dans des situations de combat. O Sensei a d’ailleurs toujours repoussé cette proposition, car selon lui la compétition n’avait pas sa place en Aïkido.

L’école Tomiki se caractérise également par ses kata (formes techniques pré-arrangées), en plus de sa compétition à mains nues ou avec un couteau.