• Les méthodes religieuses :

Ces méthodes ne sont pas des méthodes pédagogiques, mais des méthodes de transmission. Dans cette transmission il est nécessaire de jeter les bases non d’une pédagogie mais d’une conduite religieuse. Les exercices se font alors avec la foi du croyant. Le lieu s’appelle le Dojo, endroit de recueillement retiré de la société où l’on vient se purifier dans l’isolement. Cette conduite est réglée par un cérémonial, qu’il n’est pas demandé de comprendre mais d’appliquer à la lettre. Le culte des anciens, du Maître est nécessaire à l’établissement d’une hiérarchie et d’une discipline stricte. La vie du fondateur fait image « d’icône » sur laquelle il est important de méditer.

Il ne suffit donc pas de « payer » de « s’inscrire » pour accéder à cette transmission. Le Maître juge si l’élève est digne de recevoir cette formation, qui à ce titre n’est pas un dû, mais se mérite, soit par test soit par introduction par un « tiers ».

Il n’existe donc pas de pédagogie proprement dite. Les exercices sont sous-tendus par des images représentatives avec références ancestrales. Eloigner les mauvais esprits en claquant trois fois des mains lors du salut, peut paraître ridicule lorsque cette action n’est pas vécue intérieurement. Il est nécessaire de vivre intensément, intérieurement chaque exercice ou technique. Cela signifie simplement que l’explication ne peut venir de l’autre mais doit naître en soi-même à force de pratique. La progression se fait par révélations successives qui correspondent à des stades de « purification ».

Cette méthode nous a donné nos plus grands Maîtres actuels, il n’est donc pas dans notre esprit de la remettre en question.

Elle apparaît toutefois ne pas convenir au plus grand nombre en Occident pour deux raisons :

- Les références religieuses et ésotériques intériorisant puissamment chaque exercice ne sont pas de notre culture. Le fait de se plonger dans la culture orientale, ne résout en rien cet obstacle. En fait, la pratique du Zen ou de la religion Shintô, l’apprentissage des idéogrammes japonais, ne permettent pas de répondre, pour l’occidental, aux questions fondamentales de notre pratique.

- Pour y réussir, il nous faudrait un Maître qui ait fait le « chemin », et qui ait adapté cette intériorisation à notre culture, à notre civilisation. Le pratiquant, génétiquement attiré par cette méthode, doit lui-même alors construire ses images et les vivre.

Ce type de formation existe dans notre pays, mais ce chemin, malgré les apparences reste totalement à découvrir.

  • L’enseignement :

Il doit expliquer verbalement et physiquement à tous les niveaux l’Aikido, et éclairer sa puissance, sa raison d’être, sa spiritualité : sa finalité.

Il existe dans cet enseignement deux tendances :

- Une tendance corporelle où les explications techniques sont biomécaniques, ce qui leur confère une vérité manifeste, mais où la spiritualité n’est pas de mise. (Connaissance formelle, construction des techniques etc.) Elle représente de toutes façons une hygiène de santé indéniable, mais ne laisse pas place à l’ouverture supérieure de l’Esprit qu’elle considère soit comme un travail ésotérique aléatoire ou réservé, soit comme une esquive perverse au travail physique primordial.

- Une tendance corporelle et spirituelle expliquant clairement et de façon cohérente à tous niveaux les exercices, les techniques, la respiration, la méditation, sans occulter cette dimension supérieure, universelle : spirituelle, et son application dans la vie quotidienne. Il est donc clair que suivant sa personnalité, le pratiquant devrait choisir sa méthode, étant entendu que le terme religieux est universel et point n’est besoin de se convertir à la religion Shintô. Le premier devoir d’un enseignant d’Aïkido est donc d’orienter correctement les élèves qui viennent dans son club.

Ces deux méthodes d’enseignement et de travail ne se satisfont ni l’une ni l’autre du superficiel. L’investissement intellectuel et physique important reste leur point commun.