L’esprit transparaît à travers le corps. Il y a autant de Shisei que d’attitude d’esprit. Le bon Shisei, est un constat, plus qu’un outil pédagogique porteur. Les Maîtres affirment toujours que le simple fait de voir le postulant marcher, évoluer, il affirme son grade.

L’agressivité, la vanité, l’orgueil, la timidité, l’humilité, la gentillesse modèlent le corps en une forme déterminée. Cette forme est perçue par l’homme d’expérience qui voit qui est face à lui, sans y mêler une psychologie hasardeuse.

Du Samurai agressif et hautain inspirant la peur (Jutsu), on est passé au Maître puissant, froid préservateur de la vie ( Do ), au Shisei de l’Aikido communicatif, énergétique et amical transpirant la vie et la santé.

L’homme vit, cultive ses passions ou ses devoirs, et acquiert un certain Shisei, qu’il ne façonne pas mais qui s’impose naturellement.

Il y a à terme parfaite adéquation entre le Shisei et la finalité de la pratique étudiée. Le Shisei signe la qualité de l’esprit de l’Homme et de sa pratique.

Plus globalement, le soleil a son propre spectre électromagnétique, qui s’impose et qui génère avec ce qui l’entoure, une relation, une vie particulière. Certaines étoiles émettent un spectre autre, qui traduit une qualité et une quantité énergétique différente, d’autres effets, d’autres relations induites, certainement d’autres formes de vie. Il en est de même de l’homme. Ce Shisei guide notre vie quotidienne, en éloignant certains événements, certaines personnes, et en attirant d’autres. C’est donc bien en cela un élément résultant du type de pratique effectué.

A cette notion de Shisei, il faut ajouter, pour les méthodes à tendance religieuse, le cérémonial ou « Etiquette ». Ils constituent pour ces méthodes, un moule préformé, avec références historiques, qui oblige le corps du pratiquant à s’y conformer, forçant ainsi une attitude de corps. Cette forme ensuite doit être remplie par le travail, la réflexion, le recueillement. C’est la voie somato-psychique, l’action du travail du corps sur l’esprit. Lorsque le corps a formé l’esprit, ce mouvement devient naturel et non plus une forme stéréotypée.